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Entreprendre en Afrique : quel est le problème ?

Entreprendre en Afrique : quel est le problème ?

J’entends souvent des amis me dire qu’ils ont envie de créer leur startup mais qu’ils n’ont pas encore d’idées ou à l’inverse qu’ils ont une idée géniale mais qu’ils attendront le bon moment pour la lancer, peut-être dans 1 ou 2 ans. Mais, si l’idée résout un vrai problème, faire patienter des gens pendant 2 ans avant de leur donner la solution n’est-il pas un peu sadique ?  

Dans ce billet, je me suis inspiré d’un beau discours de l’entrepreneur Israélien Uri Levine lors de son intervention au Techcrunch – Disrupt London en 2014.

 

Uri Levine est le fondateur de Waze, l’application de navigation GPS communautaire qui a été rachetée 1,15 Milliards de Dollars par Google en 2013. Pour l’anecdote, chacun des 100 salariés de Waze avait touché la modique somme de 1 Millions d’Euros lors de l’opération de rachat. Fin de l’anecdote. 😀

 

Durant cette intervention, Uri Levine donne un conseil précieux aux entrepreneurs qui voudraient se lancer. Tombez amoureux du problème que vous souhaitez résoudre et non de votre solution. Ce propos est en parfaite cohérence avec les thématiques incarnées par ce blog qui sont l’entrepreneuriat, l’innovation frugale et l’Afrique. En effet, l’idée de créer des solutions utiles pour résoudre de vrais problèmes est ce dont l’Afrique a besoin aujourd’hui !

 

Fall in love with the problem not the solution, and the rest will follow - Uri Levine

 

1Fall in love with the problem, not the solution

 

 

Cette citation semble évidente et pourtant, dans la pratique, il est très facile d’oublier notre objectif initial et de tomber amoureux de notre solution. Un peu comme Frodo Baggins (The lord of Rings de J.R.R. Tolkien) quand il découvre la puissance de l’anneau. 😉  

Lorsque nous tombons sur une idée séduisante, on se précipite pour l’idolâtrer et on s’attend à ce qu’elle réponde à un ou plusieurs problèmes dans le monde ; et nous avons alors tendance à concentrer nos efforts dans le processus d’idéation (c’est-à-dire la manière de générer notre idée) plutôt que sur le problème en lui-même.

 

Pour vous en convaincre, pensez aux exemples suivants :

  • Vous faites partie de l’équipe marketing d’une entreprise et vous vous apprêtez à lancer une campagne publicitaire sans précédent. Vous concevez alors une superbe affiche qui a pour unique objectif de surprendre vos cibles lorsqu’elles la verront, vous voulez absolument créer un buzz.
  • Vous faites partie de l’équipe produit de votre startup et vous êtes toujours tenté(e) de rajouter de nouvelles fonctionnalités à votre produit parce que c’est quand même plus crédible.
  • Vous êtes en train d’écrire un article dans votre blog quand soudain… vous tombez sur une idée GÉ-NI-ALE (l’artiste qui dormait en vous a enfin fait surface, ce n’était pas trop tôt !), il faut absolument trouver un moyen de l’insérer quelque part dans votre prochain paragraphe !

Et quid du problème à résoudre ?

 

 

2Votre idée/solution est peut-être innovante, stimulante ou séduisante mais qu’en est-il du problème à résoudre ?

 

Avant de penser à la solution, vous devez avoir une compréhension approfondie du problème que vous souhaitez résoudre. Déchiffrez-le, analysez ses symptômes et vous aurez peut-être une chance de créer une solution utile et gagnante car l’élaboration d’une solution extraite d’un problème augmentera vos chances de succès et diminuera le nombre d’erreurs et d’itérations avant la mise sur le marché de votre produit/service.

 

De plus, lorsque vous cessez de poser les bonnes questions, vous oubliez la nature du problème que vous vouliez résoudre et alors vous tombez amoureux de votre solution (My precious !).

 

 

 

3Dissocier le problème de ses symptômes

 

Mais attention, il ne faut pas confondre le problème avec ses symptômes. Vous devez donc comprendre et décortiquer le problème. Pour ce faire, posez-vous les bonnes questions :

  • Pourquoi vous faites ce que vous faites ?
  • Pourquoi votre solution est-elle nécessaire ?

 

Chaque fois que vous pensez avoir répondu à cette question, doutez de votre réponse et requestionnez-la à nouveau. Faites-le encore et encore jusqu’à ce que vous sentiez que vous avez trouvé le problème central. 

N’hésitez pas à rencontrer vos cibles/clients (en online ou en offline), observez et discutez avec eux. Co-construisez votre solution avec eux et oubliez votre idée-initiale-super-sexy-sortie-du-chapeau-qui-ne-résout-rien.

Si à la suite de votre enquête terrain, vous avez des demandes sous formes de solutions ou de fonctionnalités de la part des cibles/clients, ce qui risque d’arriver très souvent, revoyez-les et déconstruisez-les sous formes de problèmes à résoudre (Revenez toujours sur le problème à résoudre !) et ne comptez pas sur vos clients pour le faire.

 

Gardez en tête la fameuse phrase de Henry Ford (fondateur de la marque automobile Ford) : Si j’avais demandé à mes clients ce qu’ils voulaient, ils m’auraient répondu : des chevaux plus rapides.

 

If I had asked people what they wanted, they would have said faster horses - Henry Ford

 

4OK, j’ai un problème à résoudre. Quelle est sa taille ?

 

Une fois le problème identifié, vous devez comprendre à quel point il ennuie vos futurs clients (à quel point c’est douloureux pour eux !). Pour cela, posez-vous une question simple : quelles sont les solutions existantes que mes clients/cibles utilisent aujourd’hui (en relation avec le problème identifié) ?

 

Cette question vous aide à réaliser la vraie taille du problème abordé car plus le problème est important pour votre client/cible et plus, il tentera de trouver une solution. La raison en est que ce problème lui est suffisamment pénible pour déclencher une action.

 

Une idée géniale qui ne rencontre pas un marché est vouée à l’échec !

 

Si des solutions alternatives existent déjà, c’est un bon signe parce que si vous pouvez faire mieux, ils adopteront votre produit. Rappelez-vous, le problème est suffisamment pénible pour déclencher une action.

 

Parenthèse. Les solutions alternatives peuvent être des produits ou services qui se vendent sur le marché mais aussi des solutions frugales – gratuites – nées de l’ingéniosité de votre cible/client pour résoudre le problème identifié. Fin de la parenthèse.

 

Par contre, s’il n’existe aucune solution alternative à votre problème … eh bien … essayez de cogiter un peu plus ! 

 

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Credit image: Jonathan Simcoe

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